Billet : Les incohérences de la diplomatie française

La conférence des ambassadeurs (français) s’est tenue hier. Malheureusement (ou heureusement) pendant qu’on s’attendait à voir ‘’la Grande France’’ sur sa politique en Afrique, l’on a plutôt assisté à une diplomatie française empêtrée dans ses contradictions et ses incohérences.

En effet, le président Macron reconnait lui-même que la France doit revoir sa diplomatie, sa manière de coopérer avec l’Afrique. Il reconnaît jusqu’alors que la France s’est contentée d’avoir avec elle, les élites politiques dirigeantes des pays africains, laissant de côté les autres composantes de la société (société civile, opposants, grande masse, etc.). Toute chose qui l’amène à s’ingérer dans les affaires intérieures de ses anciennes colonies comme, c’est le cas actuellement au Niger.

Et contre toute logique, le président Macron soutient que ‘’la politique de la France au Niger est la bonne’’, que ‘’cette politique repose sur le soutien au président déchu et l’engagement de leur ambassadeur’’ déclaré persona non grata au Niger, que ‘’le problème des Nigériens aujourd’hui, c’est les putchistes’’ alors que les Nigériens de toutes les zones demandaient depuis des lustres le départ des forces françaises. Mais, ces aspirations ont été longtemps étouffées.

Le président Macron précise que la politique africaine de la Française se résumera à ‘’Ni faiblesse, ni paternalisme’’ alors qu’au même moment la France dit ne pas reconnaître la légitimité des autorités nigériennes actuelles. Pourtant, la même France avait cédé à la demande des autorités maliennes et burkinabè en faisant partir ses ambassadeurs desdits pays.

Ces contractions viennent, du reste confirmer, les incohérences de la diplomatie française en Afrique sur les questions de démocratie. En somme, le discours de Macron (dans sa partie concernant le Niger) a révélé au grand jour le mal-être et la misère d’une diplomatie française perdue, en total déphasage avec l’évolution de l’Afrique. Et, c’est une pure arrogance que de s’ériger en celui ou celle qui juge de la légitimité des dirigeants d’un pays en l’occurrence le Niger. Il n’est nul besoin de revenir sur certains écarts du président français qui font référence aux arguments basés sur le sectarisme, qui malheureusement ont toujours été adoptés par les ‘’intello’’ français dans leurs analyses sur les situations politiques en Afrique.

Siradji Sanda (ONEP)

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