Deuxième tour de l’élection présidentielle du 21 février : Vigilance, sacrifice d’une journée pour sauver le pays et sa démocratie

Partout dans le pays quand on voit comment les Nigériens s’expriment avec enthousiasme pour l’alternance et pour le changement incarné par Mahamane Ousmane. Depuis, l’ont ne peut théoriquement rien craindre pour sa victoire certaine. A Tillabéri, Niamey, Dosso, Zinder, avec des poches importantes dans bien d’autres régions, l’on ne peut plus mettre en doute le sacre de l’homme qui, autant par ses qualités intrinsèques que par la sincérité de ses soutiens, tient le secret de ses élections qui se passent en sa faveur et ce, malgré l’intox d’une certaine presse qui s’évertue à montrer au nom d’un score truqué – ces 39,30% - que Bazoum Mohamed serait le candidat favori dans les élections nigériennes. Il n’en est rien et les bons esprits en sont convaincus. D’ailleurs un tel discours ne vise qu’à faire de la manipulation et c’est certainement sur une telle perception manipulatrice des enjeux de ces élections que certains avaient été abusés pour finalement, être orientés vers une candidature qu’ils récusaient, qu’ils rejetaient. D’ailleurs ces revirements spectaculaires avaient surpris plus d’un car rien, objectivement, ne pouvait faire comprendre un choix aussi contradictoire, irrationnel au regard du discours récent que certains des nouveaux alliés avaient tenus il y a seulement quelques jours. On ne savait pas qu’ils partaient chez des charlatans qui pouvaient mieux les rassurer que des électeurs qu’ils ne pouvaient pas convaincre. On comprend que des bases et non des moindres s’y opposent aujourd’hui, refusant d’aller dans une direction où les discours de leurs responsables, naguère, les appelaient à s’en méfier, à s’en distancer. Elles ont même compris qu’elles n’ont rien à gagner ; et que le revirement ne vient que de la part de personnes qui avaient à protéger des promesses de positions dans la nouvelle architecture que le candidat entend mettre en place si jamais il venait à être élu, au grand malheur des Nigériens ainsi qu’il le disait lorsque, à Tahoua, sidérés par les fiascos répétitifs de sa tournée, sur un ton menaçant, il promettait l’enfer aux Nigériens, poussant jusqu’à ses alliés à se méfier de lui et de son aventure.

Pour certains, quand quelques- uns après avoir souffert dans leurs relations au sein de la MRN aient «choisi» de repartir dans le même enfer, c’est que la main qui les y avait conduits dès au départ, serait revenue à la rescousse d’un candidat, son poulain en difficulté d’alliance pour l’aider à nouer des relations avec des leaders avec lesquels, il n’avait jamais su cultiver de bonnes relations pour les convaincre à venir vers son camp.Peut-on alors logiquement attendre à ce que la gestion de leurs relations nouvelles conçues aux forceps soit facile.Mahamadou Issoufou pourrait donc avoir joué un rôle important dans ce nouveau commerce politique dans la peur de perdre le pouvoir et d’avoir à faire face à des représailles pour répondre de sa gestion faite de scandales multiples. Mais l’on se demande quelle garantie peut-il donner lorsque ce ne sera plus lui qui gouvernera, sachant que ce Bazoum ne saurait être sa marionnette qu’il pourrait manipuler, en tenant à distance une manette pour le téléguider en fonction de ses propres attentes. Bazoum, en vérité, peut ne pas être de ce genre, il l’est d’ailleurs en regardant derrière dans le rétroviseur, par exemple dans l’affaire du passeport libyen de Bachir Saleh au cours du premier mandat de Mahamadou Issoufou, où tous les Nigériens étaient scandalisés en indexant directement le président Issoufou. Aussi, dans la garantie qu’il pourrait avoir cru trouver en ses 80 députés «volés», peut-on croire que ces gens puissent avoir et entretenir une relation durable avec Bazoum au pouvoir surtout lorsqu’il pourrait penser que certains d’entre eux, ne devraient plus mériter les promesses anticonstitutionnelles de postes, étant entendu que sur le terrain, pendant la campagne, ils n’auront jamais pu démontrer qu’ils sont capables de susciter une mobilisation importante autour du candidat qui leur garantissait des positions de confort dans sa nouvelle administration. Il y a donc de bonnes raisons à s’en méfier surtout qu’il s’agit du même Pnds qui a toujours su trahir des alliés qu’il ne sait que mépriser et marginaliser. Les militants ont donc de bonnes raisons de se méfier de ce nouveau rapprochement car le premier dont ils ont souvenance, ne leur aura rien laissé comme bon souvenir. Des patrons étaient partis se sucrer, baignant dans l’huile comme on le dit vulgairement, pendant que la grande base muette vivait, pardon vivotait de la misère crasse, ne comprenant pas ce que la nouvelle amitié leur apportait.

Le match est d’autant jouable pour l’Opposition qu’en occupant ses places aujourd’hui au sein d’une CENI et par sa maitrise de son fonctionnement, et surtout de ses bureaux de votes dont elle peut savoir où doivent-elles se situer sur l’ensemble du territoire, elle a un oeil désormais vigilant pour surveiller l’ensemble du processus. Elle en est d’autant plus déterminée qu’elle a envoyée partout des militants engagés qui ne peuvent rien céder car incorruptibles, engagés pour la cause politique noble qu’ils défendent, celle d’assurer l’alternance, de rendre possible le changement dans un pays excédé par l’errance d’un socialisme à la dérive.

Doutes et même scepticisme…

On peut croire que l’adversaire a aussi compris les bouleversements que cette donne intègre désormais dans le système qu’il mettait en place, ne pouvant plus compter sur aucun levier qui puisse lui garantir la victoire facile qu’il escomptait, victoire presque honteuse, car cherchée par des moyens qui n’honorent pas des hommes qui ont fait croire qu’ils sont des démocrates bon teint et que leur parti serait le plus grand du pays mais qui ne peuvent malgré tout assurer des conditions de transparence et d’équité dans l’organisation de ces scrutins. En tout cas, depuis des jours, les observateurs de la scène politique nigérienne ont pu comprendre que le candidat Bazoum semble gagné par un certain doute, une certaine perte de confiance en lui-même.

En plus de dire au Centre de Conférence Mahatma Gandhi que ses adversaires sont confiants en leur rapport de force – un lapsus peut-être de la part du philosophe – on peut l’entendre avertir ses supporteurs que le nombre importants de partis politiques qui soutiennent sa candidature ne pourrait être regardé comme un gage de réussite à l’issue de ces élections qui, prévient-il, seront difficiles. C’est son mot. Il a sans doute compris que ce ne sera pas une partie de plaisir, ses adversaires étant décidés à ne pas lui laisser la tâche facile surtout quand il peut voir à quel point les Nigériens, partout où il passe, n’expriment aucun enthousiasme pour sa cause, pour son combat de la continuité. Aussi les appelait- il à redoubler d’efforts, d’intelligence pour occuper le terrain car au soir du 21 février, peut-il comprendre, la douche risque d’être trop froide pour son camp déjà vaincu par le doute.

Depuis quelques jours, à la suite de plusieurs déceptions consécutives à la qualité des mobilisations qu’il a pu voir autour de lui avec ses nombreux partis qui l’accompagne, il a compris que son affaire-là est gâtée dey. Dans son discours, on peut désormais entendre «si je suis élu», expression par laquelle il intègre désormais l’option de l’échec car conscient de la multitude inutile qui l’entoure, opportuniste et matérialiste, cupide et avide. La campagne de l’opposition est trop forte et d’un haut niveau qui ne peut lui laisser aucune chance. On peut d’ailleurs voir qu’au sein de son petit monde, depuis des jours, des hommes hésitent, trainent les pas, ne croyant plus à l’aventure d’un candidat imposé, aujourd’hui embourbé du fait de grands handicaps qui compliquent sa candidature déjà problématique dès le départ. Et tous, depuis des jours parlent mal, accumulant les abus verbaux et des outrages impardonnables au regard de leur âge et de leurs rangs. Tout le monde comprend aujourd’hui que la stabilité, même avec 80 députés, lorsque les Nigériennes et les Nigériens rejettent une «candidature forcenée», pourrait plus venir de ce camp par les difficultés qui éprouvera à diriger un peuple qui refuse. Or, cela peut plus préoccuper qu’une dissolution chirurgicale d’une assemblée qui pourrait être envisagée sans être la solution ultime, et que certains, le redoutant, veulent présenter comme une catastrophe pour le pays. Tout le monde sait que ces élections, dans les conditions où elles se sont passées, ne donnent qu’une configuration erronée de la représentation des partis politiques à l’Assemblée Nationale. Tout a fait concocté pour le coup K.O. qui a tragiquement échoué, au grand malheur d’un système qui prévoyait le pire pour le pays lorsqu’il serait seul à gouverner, ne voulant partager le pouvoir avec aucun autre sur l’échiquier.

Mais malgré tant d’indices qui rassurent l’Opposition, celle-ci doit être encore plus vigilante en envoyant les hommes et les femmes avertis qu’il faut pour être dans les bureaux de vote, suivre la transmission des résultats, contrecarrer la fraude, et rendre impossible par la mobilisation de l’armée le braquage et le bourrage des urnes, la falsification des PV. C’est d’une urgence historique qu’il s’agit !

Le sacrifice d’une journée devrait donc sauver le pays et sa démocratie.

AI