Affaire Ibou Karadjé : Ouhoumoudou Mahamadou va-t-il être entendu par la justice ?

M. Ouhoumoudou Mahamadou est l’actuel Premier ministre du Niger. Son nom serait abondamment cité dans le rapport d’inspection générale d’Etat. Il aurait perçu d’importantes sommes d’argent issues des opérations criminelles qui ont saigné le Trésor public. Selon une source crédible, l’utilisation illégale des lettres d’autorisation de paiement (LAP) n’avait pas profité uniquement à Ibrahim Amadou dit Ibou Karadjé. Beaucoup de personnalités du régime comme Ouhoumoudou Mahamadou, actuellement Premier ministre du Niger auraient, également, joui de l’argent détourné. Selon notre source, en plus des démarches pour faire sortir l’argent du Trésor public, Ibou Karadjé était, aussi, chargé du partage du butin.

Dans ce cadre, il aurait servi plusieurs personnalités dont Ouhoumoudou Mahamadou. En tout cas, c’est ce qui serait mentionné dans le rapport des inspecteurs d’Etat. Si cela se confirme, Ouhoumoudou Mahamadou aurait manqué de sens de l’Etat. Car, percevoir d’importantes sommes d’argent des mains d’un subalterne, sans demander l’origine ou la provenance de cet argent , est un manquement à sa responsabilité, acte indigne d’un haut responsable de l’Etat. En tout cas, si, réellement, il avait accepté de percevoir l’argent public volé, il aurait fait preuve d’une légèreté inqualifiable. Pour l’heure, il a le bénéfice de doute. Mais, on doit se rappeler qu’en 2013, Ouhoumoudou Mahamadou, ministre des Finances, a été cité dans une affaire de marché public. Dans cette affaire, avec Kalla Ankaraou, actuellement premier vice- président de l’Assemblée nationale, ils ont octroyé un marché de plusieurs milliards de FCFA en violation de la Constitution. Aujourd’hui encore, son nom réapparait dans une autre sale affaire. Il y a donc lieu d’ouvrir une information judiciaire pour établir la vérité. Car le régime doit éviter le principe de deux poids deux mesures, au risque d’être confronté à la colère populaire. Ce dossier est un test grandeur nature pour Bazoum Mohamed. Donc, il se doit de laisser la justice faire son travail en toute indépendance.

A.S