Scandale financier : L’affaire Ibou Karadjé éclabousse le régime

Le rapport de l’inspection générale d’Etat sur l’affaire Ibou Karadjé, remis au garde des Sceaux pour instruction judiciaire, accable des hauts responsables de l’Etat. Selon une source digne de foi, qui a requis l’anonymat, le rapport cite les noms du Directeur de cabinet de l’ancien président de la République, actuellement Premier ministre du Niger, Ouhoumoudou Mahamadou ; de l’ancienne première dame du Niger Malika Issoufou ; du secrétaire général adjoint de la Présidence Chaloutan Mohamed ; de l’actuel secrétaire général du ministère des finances ; du directeur général de la comptabilité et du trésor public Issa Djibo ; de madame OG Hadiza, ancienne directrice de cabinet adjointe, actuelle ministre des mines et présidente des femmes Tarraya ; ainsi que certains petits commis de l’Etat . Selon notre source, tous auraient participé, à degrés différents, à la mise à sac des ressources publiques.

En ce qui concerne, le secrétaire général du ministère des finances, le directeur général de la comptabilité et du trésor public, le rapport aurait indiqué que des lourds soupçons pèsent sur eux. Cela, selon toujours notre source, pour avoir signé des pièces comptables. Des fautes administratives qui militent contre eux dans l’affaire. Pour les cas de Ouhoumoudou, Malika, Chaloutan et dame Hadiza OG, ils auraient tous perçu d’importantes sommes des mains de Ibou Karadjé. Aux dires de notre source, ils auraient été servis après chaque opération. A notre source d’ajouter qu’en plus des travaux réalisés à la grande mosquée et au quartier Abidjan par Malika Issoufou, la campagne politique de la fille du sieur Chaloutan, actuellement députée nationale, aurait été également financée avec l’argent issu des opérations criminelles de Ibou et ses employeurs. En plus, Ibou Karadjé aurait offert huit (8) véhicules 4x4 à son parti, le PNDS, à l’occasion de la campagne électorale. Il aurait également donné cinquante (50) millions de FCFA à la section PNDS de la rive droite. Si toutes ces informations s’avèrent, pourquoi ne se sontils pas interrogés sur la provenance de l’argent ?

Quel rôle tous les gens cités dans l’affaire auraient-ils joué ? L’affaire Ibou Karadjé ressemble à une véritable organisation criminelle, un véritable cartel mafieux, dont les membres ne seraient autres que ceux qui sont chargés de veiller à la bonne exécution des dépenses publiques et de conduire la politique de l’Etat. En tout état de cause, les Nigériens et les partenaires financiers suivent avec attention le traitement qui sera réservé à ce dossier dans lequel les finances publiques ont été systématiquement mises à sac.

D’autant que, selon une source proche du dossier, des bonnets blancs cités dans l’affaire cherchent à se soustraire malicieusement. Cela malgré la volonté exprimée par le Chef de l’Etat le 2 avril 2021, devant le peuple nigérien, d’endiguer les maux qui minent le bon fonctionnement de l’Etat et de mener une lutte implacable contre l’impunité. Cela veut dire qu’il ne fera pas obstruction à la justice. Malheureusement, dans cette affaire dite affaire Ibou Karadjé, sa volonté risque de se heurter à des contingences politiques. Avec les noms de quelques membres de son gouvernement et le nom de l’épouse de l’ancien chef de l’Etat cités. En tout état de cause, les Nigériens observent et attendent de voir la suite qui va être donnée au dossier.

A.S