Bonne gouvernance : Et si on auditait le Ministère de l’Equipement ?

Décidément, le Niger de la ‘’renaissance’’ aura tout représenté, le bon, le moins bon et le mauvais, voire le pire ! L’on dira alors que cela découle simplement de l’ordre naturel des choses. Mais, un tel discours s’obscurcit lorsque les vertus cardinales viennent à faire défaut dans la gouvernance politique, laissant apparaître une immense imposture politique dont le maître d’oeuvre n’était autre que l’ancien président de la république, Issoufou Mahamadou. Sous l’étiquette trompeuse et pompeuse de ‘’renaissance du Niger’’ se drapait, en réalité, un assoiffé de pouvoir personnel, prêt à tout pour cela, un fin et rusé manipulateur politique et un calculateur féroce, que cachait, très souvent, une bonhomie artificielle soigneusement entretenue à la sauce démagogique. A l’épreuve du pouvoir, l’on s’était rendu compte que le personnage était loin d’incarner les principes qu’il prétendait défendre, quand il sollicitait les suffrages populaires, les principes de la démocratie, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et les détournements des deniers, pour ne citer que ceux-là seulement. Une fois au pouvoir, ce fut tout autre chose que la ‘’renaissance du Niger’’ qu’il avait promise aux Nigériens, mais bien la ‘’renaissance’’ des siens, de son clan politique, de ses fantasmes et autres caprices personnels. Après le désastre effarant découvert sous sa présidence au niveau du Ministère de la Défense Nationale (MDN), le comble du scandale politico-financier, portant sur plusieurs dizaines de milliards de nos francs détournés par la clique politique d’Issoufou Mahamadou, se profilerait, d’après certaines sources, un autre désastre national d’une envergure encore supérieure au niveau du Ministère de l’Equipement. Le nouveau locataire des lieux, l’ancien prof de philo et ami du président Bazoum, Hama Souley, a décidément du pain sur la planche et se démène, comme un beau diable, pour trouver le fil conducteur afin de redresser un ministère dans la tourmente après le passage chaotique des différents ministres du régime de la renaissance Acte I. D’après certaines indiscrétions, le Ministère de l’Equipement serait la chasse gardée de certains cadres et d’opérateurs économiques ressortissants d’une région administrative du Niger. Tous les postes stratégiques de ce ministère seraient aux mains de ces cadres-là. Or, comme vous le savez, le Ministère de l’Equipement est un ministère très important pour le pays, car en charge des travaux publics, que ce soient les infrastructures routières ou les autres ouvrages publics de développement socioéconomique. A ce titre, il est pourvoyeur de gros marchés publics de plusieurs milliards de nos francs qui suscitent bien des convoitises. Ainsi, un système savamment orchestré permettait de contrôler tout le processus décisionnel du ministère dans l’attribution des marchés et contrats publics au profit du clan politique à la tête dudit-ministère. Mieux, on l’aurait aussi appris, mêmes les études techniques de ces marchés publics seraient souvent confiées à des cabinets privés qui appartiendraient, en réalité, à ces mêmes cadres en poste dans ce ministère. De cette façon, les avis techniques donnés par ces cabinets pour la validation du marché ou des marchés publics légitimeraient, en quelque sorte, les décisions et choix des directions et services techniques du ministère pris en amont. Cela aurait eu comme conséquence majeure une entente illicite sur le dos de l’Etat, entre maître d’ouvrage et maître d’oeuvre, soit pour surfacturer monstrueusement ledit- marché, soit pour réceptionner un ouvrage mal réalisé. Cela s’est vu partout, ces dix dernières années, au Niger, avec tous ces ouvrages souvent mal conçus et mal réalisés. Pourtant, d’importantes sommes d’argent ont été dépensées dans la construction de ces infrastructures dont la qualité d’ingénierie reste douteuse même auprès du profane du domaine du génie civil.
Face à tout ce gâchis national, il serait très recommandable de diligenter un audit général, confié à d’experts indépendants hautement qualifiés, au niveau du Ministère de l’Equipement, afin de faire la lumière sur tout ce cafouillage perpétré sous la présidence d’Issoufou Mahamadou qui en avait fait sa cour-arrière en y envoyant ou en y nommant des affidés à lui. D’ores et déjà, le Ministre Hama Souley a réussi à faire une partie de cet immense boulot, en procédant à quelques ‘’dégagismes’’ au niveau de certaines directions-clé de ce ministère. Mais, pour y parvenir, le nouveau Ministre a dû bénéficier du soutien du président Bazoum lui-même atterré par la situation au sein de ce ministère. Aux dernières nouvelles, il semblerait, comme l’a révélé un confrère de la place, qu’une inspection générale serait sur le point d’être diligentée dans ce ministère, à l’instar de l’inspection envoyée deux années plus tôt au Ministère de la Défense. Sauf que, malgré les conclusions accablantes du rapport d’inspection au niveau du MDN, aucune suite judiciaire n’a été donnée au dossier qui est en train de se couvrir de poussière dans les tiroirs de qui de droit. Voyez-vous, décréter des inspections sous le régime de la ‘’renaissance’’ est une chose, mettre les conclusions de celles-ci en est une autre ! Donc, ‘’Sai mougani toukouna, inji nos amis haoussa ! Autrement dit, on attend de voir…
Salifou Hachimou