Niger : Deux journalistes poursuivis pour avoir relayé sur internet l'étude d'une ONG

Le directeur de publication de « L’Événement Niger », Moussa Aksar, et la blogueuse Samira Sabou ont été entendus, ce jeudi 9 septembre 2021, par la justice. Il leur est reproché d'avoir relayé dans leurs publications sur internet, une étude de Global Initiative, une ONG internationale qui lutte contre le crime organisé sur le trafic de drogue au Niger. Les faits qui leur sont reprochés tombent sous le coup de l'ordonnance portant sur la répression de la cybercriminalité.

Les journalistes sont exposés à un danger imminent parce qu’aujourd’hui, on leur demande avant de partager un travail ou une publication d’un de leurs confrères, de faire un travail préalable de vérification. Pourtant, en faisant le partage, ils publient la source de cette information. Donc, c’est une façon de dire aux journalistes: ‘Taisez-vous, vous n’avez plus le droit d’informer l’opinion, vous avez plus le droit d’exercer votre métier’. Cette loi sur la cybercriminalité, qui est trop liberticide, qui remet en cause certains valeurs, certains acquis démocratiques sur l’État de droit, comporte beaucoup de lacunes. Ces faits normalement ne doivent même pas tomber sur le coup de cette loi. C’est parce qu’on sait pertinemment qu’il y a des textes qui dépénalisent les infractions commises par voie de presse. Donc, on cherche un raccourci pour faire application de la loi sur la cybercriminalité parce qu’il y a eu des publications sur Facebook en ignorant le métier, ils ont fait le partage en tant que journalistes et cette qualité doit être prise en considération pour faire application de la loi.

Maître Ahmed Mamane, avocat de Moussa Aksar et de Samira Sabou

Gaëlle Laleix

11 septembre 2021
Source : https://www.rfi.fr