Affaire Taanadi - SOPAMIN / Hama Zada : Un boulet au pied du président Bazoum !

L’actuel Ministre de la Communication et chargé des Relations avec le Parlement, Hama Zada, et ancien Directeur Général de la Société du Patrimoine des Mines du Niger (SOPAMIN), n’était pas à son premier coup de poker en prenant des risques inconsidérés de confier les deniers publics à des institutions de microfinance sous forme de Dépôt A Terme (DAT). Il avait déjà pris ce risque insensé avec la mutuelle de Crédits ASUSU SA, déclarée en difficultés en 2018, en y plaçant la somme de deux milliards de nos francs sortis des comptes de la SOPAMIN. Aujourd’hui, c’est au tour de la Mutuelle de microfinance TAANADI d’avoir droit à la générosité de monsieur Hama Zada pour un DAT de la bagatelle de 3 milliards et demi. Situation similaire avec ASUSU SA ? Pas tout à fait, car, si en 2018, la SOPAMIN avait effectivement fait les DAT en question, en revanche, pour le cas de TAANADI, il est apparu de faits troublants de nature à semer le doute sur la responsabilité de Hama Zada dans cette affaire, notamment la surprenante correspondance, en date du 06 avril 2021, du Directeur Général de TAANADI, adressée au Directeur Général de la SOPAMIN, dans laquelle l’Administrateur de TAANADI disait n’avoir pas trouvé dans ses livres comptables la moindre trace des DAT de la SOPAMIN. Coup de tonnerre ! Et pourtant, l’ancien Directeur Général de TAANADI a été automatiquement arrêté et écroué pour on ne sait quel chef d’accusation, pendant que les auteurs de ces DAT se la coulent douce. Comment était-il, raisonnablement, possible à une société comme la SOPAMIN d’effectuer de telles opérations financières sans impliquer le Conseil d’Administration de l’entreprise ? Ou bien ce Conseil d’Administration a été complaisant pour autoriser une telle folie, ou bien, tout simplement, tout s’est passé sous son dos. En tout état de cause, au regard de cette surprenante correspondance, on ne comprendrait pas pourquoi l’ancien DG de la SOPAMIN ne serait-il pas sommé d’être entendu par la justice, lui qui était quand même le dépositaire attitré pour le compte de la SOPAMIN ?

Quelle faut pénale l’ancien DG de TAANADI aurait-il commise, en étant seulement un organisme de microfinance ayant vocation à recevoir des dépôts de la part de la clientèle publique ? Est-ce sur la base d’une plainte de la SOPAMIN qu’il a été arrêté et écroué ? Autant de questions qui entourent la gestion judiciaire de cette affaire, et qui devraient être, rapidement, élucidées pour la manifestation de la vérité dans ce dossier. D’après certaines sources proches du dossier, si l’on n’a guère retrouvé les traces de ces DAT, c’est que l’argent en question n’a jamais été, réellement, transféré dans les comptes de TAANADI, mais a dû prendre une tout autre destination, ailleurs !

Comme cette institution de microfinance battait de l’aile, on a voulu profiter de la situation de faillite qui se profilait pour procéder à un simple jeu d’écritures publiques fausses par lequel on prétend avoir fait ladite opération, afin de noyer la supercherie en cas d’un éventuel dépôt de bilan. Dans ce cas, ces soi-disant DAT viendraient à se fondre dans ce que les spécialistes du droit de la faillite appellent, dans leur jargon, ‘’la masse des créanciers’’, dont le recouvrement obéirait à régime juridique spécial qui absoudrait les protagonistes passés de l’opération en question. Mais, l’on peut se rassurer, dans ce cas précis, les enquêteurs n’auront aucune difficulté à découvrir toute la magouille qui aurait présidé à la conclusion de ces fameux DAT, et l’étau ne fera que se resserrer autour du Ministre de la Communication actuel, qui refuse, pour le moment, de s’exprimer sur le sujet, ou de démissionner de son poste de ministre afin de se mettre à la disposition de la justice. Le maintien de Hama Zada à son poste constitue sans doute l’un des côtés obscurs de la présidence de Mohamed Bazoum, lui qui souhaiterait placer sa gouvernance sous le signe de l’intégrité morale. Quel signal négatif un tel maintien renverrait--il de sa volonté d’assainir et de moraliser la vie publique nationale ? Les Nigériens voudraient bien croire en sa sincérité dans ce chantier salutaire, mais, pour cela, ils voudraient plus de gage, plus d’actes concrets, en commençant d’abord par balayer devant son propre gouvernement, qui devrait être un gouvernement exemplaire, incarnant la quintessence de la vertu morale qu’il ambitionne de cultiver dans la gouvernance politique du Niger. Autrement, les citoyens n’accorderaient aucun crédit aux nobles engagements présidentiels, qui ne seraient, en fin de compte, que de simples voeux de plus dans la grande lignée de ceux de son prédécesseur, Issoufou Mahamadou, qui avait poussé l’imposture suprême jusqu’à créer la HALCIA, chose curieuse de la part d’un régime qui fut, quand même, le parangon de la mauvaise gouvernance, de corruption et de détournements de deniers publics. Et c’est bien dommage pour tous ceux qui avaient espéré dans ces débuts prometteurs de la présidence Bazoum !

Dan Mallam