Ali Téra libéré, la libération des autres prisonniers politiques vivement attendue

Libération d’Ali Téra.  « Je confirme que dans la matinée de ce jour 11 Octobre 2021 mon client Ali Téra a été mis en liberté provisoire. Je remercie franchement tous ceux qui ont permis d’aboutir à ce résultat, notamment les nouvelles autorités de poursuite qui ont eu le courage et l’honnêteté et les nouvelles autorités politiques en place qui n’y ont opposé aucune entrave. Vous convenez avec moi que c’est devenu chose rare sous les tropiques. Nous espérons que les autres cas connaitront le même traitement juridique pour que renaisse l’Etat de droit au Niger ». Ainsi s’est exprimé l’infatigable Maitre Mossi Boubacar, avocat d’Ali Téra, sur sa page Facebook, quelques instants après la mise en liberté provisoire de son client. Le client dont parle Me Mossi Boubacar n’est autre qu’Ali Marounfa, connu sous le nom d’Ali Téra pour ses propos acerbes contre la gestion de la renaissance et sa verve contre Mahamadou Issoufou. Bien d’autres acteurs politiques n’ont pas échappé aux critiques, et souvent aux propos désobligeants et d’Ali Téra, vivant à l’époque aux Etats-Unis d’Amérique. Des compatriotes ont tenu des propos aussi graves, sinon pires, sur des personnalités et même des communautés, en toute impunité. Mais là n’est pas la question, car tout nigérien est tenu de respecter les autres, sinon il s’expose à la loi. En cas de délit, les citoyens doivent être traités de même équitable par la même justice, étant régis par la même loi. Mais la marque de fabrique de l’ancien régime, c’est la catégorisation des nigériens. Les uns peuvent dire et faire n’importe quoi sans être inquiétés, les seconds prennent le chemin de la case prison pour une peccadille. Le régime de Mahamadou Issoufou, incapable de trouver et neutraliser les terroristes qui massacrent par centaines les nigériens, s’est pourtant donné les moyens de faire extrader Ali Téra des Etats-Unis. C’est ainsi que le 11 avril 2009, Ali Marounfa, dit Ali Téra, comme un colis, est livré au Niger, pieds et mains enchainés, comme le plus dangereux terroriste de la planète, puis jeté dans la prison de haute sécurité de Koutoukale. Selon des sources proches du dossier, il n’y a eu aucune constitution de partie civile durant toute la procédure. L’instruction était terminée depuis belle lurette, mais il fallait le maintenir en prison parce que quelqu’un l’a décidé, en dehors de toute procédure judiciaire. Et il y est resté du 11 avril 2009 au 11 octobre 2021, exactement deux (2) ans et six (6) mois, jour pour jour. Aujourd’hui, il est libre et jouit du réconfort des parents et amis. D’autres, des centaines de prisonniers politiques, croupissent encore dans l’archipel du goulag créé par Mahamadou Issoufou. Tout comme Ali Téra vient de recouvrer la liberté, les nigériens, dans leur majorité écrasante, attendent vivement la libération des personnalités politiques et des centaines de manifestants de février 2021, incarcérés pour avoir contesté les résultats des élections, tels que proclamés par la CENI. Pourtant ceux-là n’ont pas fait plus de mal au pays que ceux qui ont pillé et dilapidé les milliards de la République et qui ont mis en péril les intérêts vitaux du pays.Il y a lieu de saluer, comme l’a fait Me Mossi la disposition d’esprit des nouvelles autorités de poursuite et aussi des nouvelles autorités politiques qui semblent comprendre la nécessité de respecter les règles de droit et de calmer le jeu pour tendre vers une réconciliation entre tous les fils du pays, comme cela se fait dans certains pays de la sousrégion et comme le commandent l’intérêt national et la raison, dans le but ultime de relever ensemble les multiples défis qui assaillent le pays et les citoyens nigériens, dont le défi sécuritaires. Car, sans la paix et la sécurité, aucun développement n’est possible. Et c’est seulement ensemble que les nigériens peuvent parvenir à un tel résultat. Ceux qui se posent en obstacle à cette nouvelle donne le font uniquement pour leurs intérêts personnels mesquins au détriment de l’intérêt général. Il faut que l’Etat de droit renaisse au Niger, pour l’intérêt de tous.

Bisso