8 milliards d’individus cette année dans le monde : «La population est la solution, pas le problème»

8 milliards : tel est le nombre d’individus qui seront cette année dans le monde. Ce chiffre peut paraitre alarmant. Mais depuis des années, les démographes ont donné l’alerte à travers leurs projections. En 2011 par exemple, selon des données du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), « le monde avait atteint une population de 7 milliards d’individus. Cette année, ce nombre s’établira à 8 milliards ». D’après la même source, plusieurs raisons peuvent expliquer cette croissance de la population mondiale qui « est en grande partie imputable à l'augmentation du nombre d'individus en âge de procréer, accompagnée d'une évolution marquante des taux de fécondité, d'une urbanisation grandissante et d'une accélération des migrations ». Aussi, certaines sources évoqueront « des progrès dans la santé qui ont fait augmenter l’espérance de vie, réduit la mortalité maternelle et infantile, et permis le développement de vaccins en un temps record. D’autres feront l’éloge des innovations technologiques qui nous facilitent la vie et nous connectent plus que jamais les uns aux autres. D’autres encore annonceront des progrès en matière d’égalité de genre ».

Dans tous les cas précise le document, « le progrès n’est pas universel et fait au contraire nettement apparaître les inégalités : des femmes meurent encore en couches. Les écarts entre les genres restent béants. La fracture numérique déconnecte plus que jamais les personnes vivant dans des pays en développement. Mieux, ajoute la même source, les préoccupations et difficultés déjà abordées il y a 11 ans restent d’actualité et ont parfois empiré : changements climatiques, violences, discriminations. En mai dernier, la planète a atteint le sinistre record de plus de 100 millions de personnes dans le monde déplacées de force ».

Tout cela a amené le document à déduire que « dans un monde idéal, 8 milliards de personnes signifieraient 8 milliards d’opportunités pour des sociétés plus saines, autonomisées par leurs droits et leurs choix. Toutes et tous n’ont pourtant jamais été à armes égales. Que ce soit sur la base de leur genre, de leur appartenance ethnique, de leur classe sociale, de leur religion, de leur orientation sexuelle, de leur handicap ou de leur origine (entre autres), trop de personnes sont encore exposées à des discriminations, du harcèlement et de la violence ».

C’est aussi pourquoi, les auteurs du document estiment qu’ « aucun titre alarmiste ne doit nous détourner du travail qui nous reste à faire : investir dans le capital humain et physique, pour des sociétés inclusives et productives qui défendent les droits humains et reproductifs.  Pour eux, « il est clair, ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons faire face aux énormes difficultés qui attendent notre planète, et construire un monde où la santé, la dignité et l’éducation sont des droits et des réalités, pas seulement des privilèges et des promesses creuses.

Surtout que la plupart des populations qui connaisse la croissance la plus rapide se trouve dans le groupe des pays les moins avancés, qui ont connu collectivement une croissance annuelle d'environ 2,4 % entre 2000 et 2020.

S’agissant du taux de fécondité et de l'espérance de vie qui font couler beaucoup d’encre, on note d'énormes changements. Ainsi au début des années 1970, selon la même source, « chaque femme avait en moyenne 4,5 enfants. En 2014, le taux de fécondité au niveau mondial a chuté à environ 2,5 enfants par femme ».

Parallèlement, l'espérance de vie globale moyenne a augmenté, passant de 64,8 ans au début des années 1990 à 70 ans aujourd'hui. De plus, le monde est confronté à des taux d'urbanisation élevés et à une accélération des flux migratoires. L'année 2007 a été la première année marquée par une prévalence de la population urbaine par rapport à la population rurale, et d'ici à 2050, environ 66 % de la population mondiale vivra dans des villes. D’après le document, tout cela a des conséquences sur le développement économique, l'emploi, la répartition des revenus, la pauvreté et les protections sociales. Elles ont également une incidence sur les initiatives visant à garantir l'accès universel aux soins de santé, à l'éducation, au logement, à l'assainissement, à l'eau, à l'alimentation et à l'énergie.

D'ici à 2050, la population mondiale selon les projections devrait atteindre 9,7 milliards d’individus. Comme annoncé tout au long de la journée mondiale de la population, ces tendances auront certainement d'importantes répercussions sur les générations à venir. Mais elles ne doivent pas occulter les bonnes idées d’efforts considérables à déployer pour le bien-être des populations. En effet, dans une déclaration de UNFPA faite à l’occasion de l’édition 2022 de la journée mondiale de la population il ressort que « malgré les défis auxquels nous faisons face, l’éducation et la santé ont atteint des niveaux sans précédent. Les sociétés qui investissent dans leur population, dans leurs droits et leurs choix ont prouvé à maintes reprises que telle est la voie de la prospérité et de la paix, auxquelles chacun aspire et que chacun mérite.

C’est pourquoi, il conviendra selon la déclaration, de garder ce fait à l’esprit lorsque, dans les prochains mois, le nombre d’êtres humains dépassera les 8 milliards.  Toutefois, indique la déclaration, le franchissement de ce seuil attirera l’attention, fera l’objet de débats et s’accompagnera sans doute de discours invoquant avec alarmisme le terme de « surpopulation ». « Se laisser aller à de telles paroles serait une erreur », précise –t-elle. En effet selon cette déclaration, « l’histoire de la population est bien trop riche et nuancée pour qu’un simple nombre la résume ». Partant du fait que « les deux tiers de la population mondiale environ vivent désormais dans un pays ou une région où la fécondité est inférieure au seuil de renouvellement des générations de 2,1 enfants par femme. Que dans les autres pays, les populations sont jeunes et en croissance. Et que par ailleurs, de plus en plus de personnes se déplacent, soit par choix, soit contraintes par des crises liées par exemple à des conflits ou aux changements climatiques, la déclaration conclut que le monde compte aujourd’hui plus d’humains que jamais, mais cette considération ne doit pas occulter une diversité démographique sans précédent.

La population est la solution, pas le problème », précise la déclaration qui soutient également « qu’un être humain est bien plus qu’un numéro. La famille humaine est bien plus qu’un nombre. Les nombres ont leur importance, mais comptons prudemment ».

Par Fatouma Idé(onep)

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